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Dette publique : le Sénégal annonce une transparence totale et des chiffres alignés sur ceux du FMI

Dette publique : le Sénégal annonce une transparence totale et des chiffres alignés sur ceux du FMI
Dakar, le 22 avril 2026 - Le Sénégal franchit une étape décisive dans la normalisation de sa gestion de la dette publique. Alioune Diouf, Directeur de la Dette publique à la Direction générale de la Comptabilité publique et du Trésor (DGCPT), a accordé une interview à l'agence Reuters le 21 avril 2026 à New York. Il y a détaillé la stratégie de financement et le cadre de transparence mis en place par l'État, affirmant que les statistiques de la dette sénégalaise sont désormais en parfaite adéquation avec les chiffres du Fonds monétaire international (FMI).

Cette déclaration marque un tournant dans la gestion des finances publiques sénégalaises. Près de deux ans après la révélation d'une dette non déclarée par l'administration précédente, les autorités actuelles entendent tourner définitivement la page des divergences techniques et rétablir une confiance durable avec les partenaires financiers internationaux.


Une réconciliation historique des données

Le travail d'audit engagé par les nouvelles autorités a porté ses fruits. À l'issue d'examens approfondis couvrant la période 2019-2024, les statistiques de la dette publique sénégalaise ont été entièrement réconciliées avec celles du FMI. Cette étape cruciale met fin aux écarts apparus en 2024, lorsque l'ampleur réelle de l'endettement du pays avait été révélée.

Désormais, l'ensemble des données est unifié et partagé entre Dakar et l'institution de Bretton Woods. Une base solide qui permet d'envisager l'avenir avec davantage de sérénité et de crédibilité sur les marchés financiers internationaux.


Des opérations de swap sous contrôle

Alioune Diouf a également apporté des précisions sur les instruments financiers utilisés par le Sénégal, en particulier les opérations de type Total Return Swap (TRS) engagées en 2025. Ces mécanismes, qui avaient suscité des interrogations dans certains cercles financiers, sont présentés comme des outils de gestion active de la dette.

Intégrés aux émissions réalisées sur le marché régional, ces instruments permettent d'optimiser les coûts de financement tout en maîtrisant les risques de marché. Le Directeur de la Dette publique a tenu à rassurer : ces opérations n'exposent pas le Sénégal à des appels de marge imprévus, une crainte parfois associée à ce type de montage financier.


Un reporting renforcé aux normes internationales

La transparence ne se limite pas aux chiffres de la dette. Le Sénégal a renforcé son dispositif de redevabilité avec la publication, dès ce mois d'avril 2026, de rapports budgétaires trimestriels conformes aux standards internationaux les plus exigeants. Un bulletin statistique de la dette, élaboré selon les mêmes normes de diffusion de données, vient compléter ce dispositif.

Ces publications régulières visent à offrir aux investisseurs, aux partenaires techniques et au grand public une vision claire et actualisée de la situation des finances publiques sénégalaises. Un exercice de transparence qui devrait contribuer à renforcer la confiance dans la signature de l'État.


La régularisation des passifs clarifiée

Autre point abordé par Alioune Diouf : la conversion de prêts bancaires en titres publics, via des adjudications de bons ou d'obligations du Trésor. Cette opération, qui aurait pu être interprétée comme un signe de difficultés de trésorerie, est présentée comme une stratégie de régularisation de dettes préalablement identifiées par l'audit.

Il ne s'agit donc pas d'arriérés de paiement, mais bien d'une opération structurée de restructuration technique, destinée à assainir le passif de l'État et à harmoniser les conditions de financement. Une clarification importante pour les observateurs des marchés financiers.


Des discussions avancées avec le FMI

Sur le front des relations avec le FMI, les nouvelles sont également encourageantes. Alioune Diouf a indiqué que les discussions se poursuivent activement pour la conclusion d'un programme de soutien. La particularité de ces négociations tient à leur base : un diagnostic désormais partagé et réconcilié entre Dakar et l'institution financière.

L'aboutissement de ces discussions permettrait au Sénégal de bénéficier à nouveau d'un appui financier du FMI, suspendu depuis les révélations de 2024. Un signal positif pour les marchés et un levier supplémentaire pour soutenir les réformes économiques engagées par le gouvernement.


La crédibilité de l'État réaffirmée

Au terme de cette interview, le Directeur de la Dette publique a réaffirmé la position constante du gouvernement : la crédibilité de la signature de l'État repose sur une politique de transparence rigoureuse et une modernisation constante des instruments de financement.

Cette déclaration, prononcée à New York, capitale mondiale de la finance, n'est pas anodine. Elle s'adresse aux investisseurs internationaux, aux agences de notation et aux partenaires multilatéraux, que le Sénégal entend rassurer sur sa capacité à gérer sa dette de manière responsable et transparente.

Après les turbulences de 2024, le pays semble avoir retrouvé une trajectoire plus sereine dans la gestion de ses finances publiques, même si les défis budgétaires restent nombreux dans les années à venir.


Dette publique : le Sénégal annonce une transparence totale et des chiffres alignés sur ceux du FMI


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