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Assemblée nationale : Ousmane Sonko défend la séparation des pouvoirs face aux lenteurs judiciaires sur la reddition des comptes

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    Le Patriote
  • 28 nov. 2025
  • 3 min de lecture
Assemblée nationale : Ousmane Sonko défend la séparation des pouvoirs face aux lenteurs judiciaires sur la reddition des comptes
Dakar, le 28 novembre 2025 – Interpellé ce vendredi lors de la séance de questions d'actualité à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a apporté un éclairage ferme sur les retards dans le traitement des dossiers relatifs à la reddition des comptes

Face à des députés insistants et une opinion publique impatiente, le chef du gouvernement a réaffirmé l'engagement de l'exécutif à respecter scrupuleusement la séparation des pouvoirs, tout en soulignant son rôle constitutionnel de soutien au bon fonctionnement de la justice. Cette intervention, prononcée devant une plénière marquée par l'absence de l'opposition, intervient dans un contexte de fortes attentes des "Patriotes" et des parlementaires Pastef, qui voient dans ces dossiers un test décisif de la crédibilité du nouveau pouvoir.


Une réponse claire : non-ingérence, mais vigilance accrue

« Je ne sais pas pourquoi les dossiers sur la reddition des comptes sont lents. L’exécutif ne se mêle pas de la justice », a déclaré Ousmane Sonko d'entrée de jeu, marquant une ligne rouge ferme sur l'indépendance des pouvoirs. Il a néanmoins nuancé son propos en rappelant que le gouvernement a « le devoir de veiller au bon fonctionnement du service public de la justice », précisant : « Nous nous y attelons tous les jours ». Cette position équilibrée vise à dissiper les accusations d'inaction, tout en évitant toute apparence d'ingérence qui pourrait miner la légitimité judiciaire.

Le Premier ministre a évoqué des efforts concrets en cours, tels que le renforcement des moyens logistiques et humains du système judiciaire, sans entrer dans les détails opérationnels des enquêtes en cours. Ces dossiers, impliquant des irrégularités financières et administratives héritées de l'ancien régime, incluent notamment des audits sur le Programme de Développement Agricole et de Commercialisation (PRODAC) et le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

Le premier ministre Ousmane Sonko a promis des « développements » la semaine prochaine, via ses avocats, sur le PRODAC, laissant présager de nouvelles révélations qui pourraient « priver certains de sommeil ».


Un climat politique tendu : attentes et critiques

Cette séance, convoquée conformément à l'article 104 du Règlement intérieur, a été marquée par une forte pression des élus de la majorité, qui ont insisté sur la nécessité d'accélérer les procédures pour restaurer la confiance publique. Les "Patriotes", fidèles à la coalition Diomaye Président, perçoivent la reddition des comptes comme un engagement fondateur, essentiel pour légitimer la rupture avec les pratiques antérieures. Des voix au sein de Pastef ont même lié cette lenteur perçue à une possible "injustice institutionnelle", appelant à un "nettoyage" des institutions judiciaires.

L'opposition, absente de la plénière en signe de boycott, a multiplié les critiques sur les réseaux sociaux, accusant le gouvernement de "théâtralisation" sans résultats concrets.

 Des observateurs notent que ces échanges reflètent un équilibre délicat : le gouvernement doit répondre aux demandes de transparence sans empiéter sur le judiciaire, dans un pays où la défiance envers les institutions reste élevée.


Perspectives : équilibre entre indépendance et efficacité

En réaffirmant la neutralité de l'exécutif, le premier ministre Ousmane Sonko cherche à recentrer le débat sur une justice renforcée structurellement, plutôt que sur des pressions conjoncturelles. Cette approche s'inscrit dans une vision plus large de refondation de l'État, où la reddition des comptes doit être un pilier de la démocratie, sans compromettre l'État de droit.

Des réformes en vue, comme l'appel à plus de "rigueur et de célérité" dans les procédures, pourraient accélérer les choses sans ingérence.

Cette intervention marque un moment clé de la communication gouvernementale, où la patience des citoyens est mise à l'épreuve. Elle souligne que la vraie rupture passe par un système judiciaire indépendant et efficace, condition sine qua non pour une gouvernance crédible.


Assemblée nationale : Ousmane Sonko défend la séparation des pouvoirs face aux lenteurs judiciaires sur la reddition des comptes

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