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Coopération économique : Le Sénégal et le Maroc veulent passer du commerce à la co-production industrielle

Mr Bakary Séga Bathily DG APIX
Rabat, Maroc – Dans le cadre de la visite officielle de la délégation sénégalaise au Maroc, Mr Bakary Séga Bathily, Directeur général de l'Agence pour la Promotion des Investissements et des Grands Travaux (APIX), a détaillé la nouvelle ambition économique qui anime les relations entre Dakar et Rabat. Loin de se contenter d'accroître les échanges commerciaux, l'objectif affiché est désormais de construire un véritable corridor industriel entre les deux pays, fondé sur leurs complémentarités stratégiques.

Un constat : des échanges dynamiques mais déséquilibrés

M. Bathily a salué des relations économiques « déjà au beau fixe », rappelant que les échanges bilatéraux sont passés de 150 millions de dollars en 2020 à 236 millions de dollars en 2024. Cependant, ce dynamisme masque un déséquilibre structurel. La balance commerciale est largement déficitaire pour le Sénégal, qui exporte principalement des matières premières ou semi-transformées (produits halieutiques, agricoles) et importe du Maroc des produits industriels transformés à plus forte valeur ajoutée. « Le niveau des échanges commerciaux est encore faible par rapport aux potentialités », a-t-il concédé.


La nouvelle ambition : s'inspirer du modèle marocain pour transformer localement

Face à ce constat, la stratégie sénégalaise, portée par l'APIX, est claire : augmenter la transformation locale pour capturer davantage de valeur. « L'enjeu est d'accroître la valeur ajoutée des produits sénégalais, en s'inspirant de l'exemple marocain », a expliqué M. Bathily. Le Maroc, devenu le premier exportateur de véhicules en Afrique grâce à trois décennies de politique industrielle volontariste, sert de modèle.

L'idée est de passer d'une logique de commerce à une logique de co-investissement et de co-production. Plusieurs secteurs complémentaires ont été identifiés :

  • Agriculture et engrais : Le Maroc, premier exportateur d'engrais, pourrait aider le Sénégal à mieux valoriser ses propres ressources en phosphate et en gaz naturel.

  • Filières agricoles : Transformation du riz, du maïs et de la tomate dans le nord du Sénégal.

  • Industries légères : Développement de pôles spécialisés dans le cuir et les peaux (Dakar, Djolof, Touba, Mékhé), la menuiserie métallique, le bois et la mécanique.


Un cadre institutionnel et financier pour sécuriser les projets

Pour concrétiser cette vision, l'APIX propose un cadre opérationnel robuste. L'État sénégalais s'engagerait à travers des ressources publiques et des incitations fiscales, tandis que le secteur privé jouerait le rôle de facilitateur pour les autorisations et l'attraction des investisseurs. La création de Sociétés de Projet (SPV) est envisagée pour porter des projets de transformation industrielle spécifiques, dépassant ainsi le simple schéma d'exploitation des ressources.

Cette visite marque ainsi une étape charnière. Elle traduit la volonté du Sénégal de ne plus être un simple marché pour les produits finis marocains, mais de devenir un partenaire industriel à part entière dans une chaîne de valeur régionale intégrée. Le succès de cette ambition dépendra de la capacité à attirer des investissements concrets dans les filières identifiées et à transformer le dialogue politique en réalités économiques sur le terrain.


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