Le Sénégal, roi d'Afrique à Rabat : un triomphe forgé dans le chaos et porté par Mané
- Le Patriote

- 19 janv.
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Un choc des titans et l'étincelle du chaos
La rencontre, attendue comme le choc ultime entre les deux meilleures nations du continent, a tenu toutes ses promesses sportives. Sous une pluie battante, les deux équipes se sont neutralisées dans un duel intense, fait de grandes occasions de part et d'autre. Yassine Bounou, le gardien marocain, et son homologue sénégalais Édouard Mendy, ont été impeccables.
Le match bascule dans le surréalisme en toute fin de temps réglementaire. Alors que le Sénégal croit avoir marqué un but, celui-ci est refusé par l'arbitre. Quelques secondes plus tard, dans la dernière action, le même arbitre siffle un penalty en faveur du Maroc après consultation de la VAR, pour une faute sur Brahim Diaz.
Fous de rage, sentant l'injustice, les joueurs sénégalais, sur instruction de leur sélectionneur Pape Thiaw, quittent le terrain et se dirigent vers les vestiaires. La confusion est totale, les supporters sénégalais présents dans le stade manifestent leur colère, et la finale semble sur le point d'être abandonnée.
Sadio Mané, le pacificateur et leader héroïque
Alors que le football africain est au bord du précipice, un homme se dresse. Sadio Mané, le capitaine et figure historique du Sénégal, refuse cet abandon. Après avoir consulté d'anciennes gloires sénégalaises, il prend la lourde responsabilité de ramener ses coéquipiers.
Il rejoint le vestiaire où règne la confusion. Lamine Camara, un des jeunes du groupe, raconte : « Il est venu nous trouver dans les vestiaires... et il nous a crié dessus en nous disant qu'on devait retourner sur le terrain. On l'a écouté, parce que quand Sadio parle, on doit l'écouter. C'est une légende. ». Avec l'aide d'Édouard Mendy, Mané persuade l'équipe de revenir affronter son destin.
Après près de vingt minutes d'interruption, le match reprend pour la dernière action : le penalty marocain. Face à Mendy, Brahim Diaz tente une « Panelka » audacieuse qui échoue, le gardien sénégalais captant facilement le ballon. Le soulagement sénégalais est immense, la désolation marocaine absolue. Le temps réglementaire s'achève sur ce score de 0-0 et le match doit se poursuivre en prolongation.
Le coup de tonnerre de Pape Gueye et la consécration
Porté par l'énergie du sauvetage opéré par Mané, le Sénégal entre revigoré dans les prolongations. Et très vite, la magie opère. À la 94e minute, le milieu Pape Gueye, d'une frappe du gauche fulgurante depuis l'entrée de la surface, envoie le ballon en lucarne, laissant Bounou sans recours. Rabat, moins d'une heure plus tôt en ébullition, est stupéfaite. Les Lions de la Teranga ont frappé.
Malgré la réaction des Marocains, réduits à dix après une blessure, et une tête sur la transversale de Nayef Aguerd, le Sénégal tient bon. L'arbitre siffle la fin du match. Contre vents et marées, face à un stade hostile et après une épreuve psychologique unique, le Sénégal est sacré champion d'Afrique pour la deuxième fois de son histoire.
Sadio Mané, l'âme d'un royaume
Ce soir-là, le trophée avait déjà trouvé son propriétaire avant même d'être soulevé. Sadio Mané, déjà buteur décisif en demi-finale, a été bien plus qu'un grand joueur. Il a été le pilier, le sage et le leader incontestable. Avant le match, il avait rassuré les jeunes, leur disant de « ne pas avoir la pression ». Pendant le match, il a insisté pour qu'un coéquipier expérimenté, épuisé, reste sur le terrain.
Son intervention pour ramener l'équipe a été saluée comme un acte de sauvegarde du football africain. « Cela aurait véhiculé une image négative de notre football et l'Afrique ne mérite pas ça », a-t-il expliqué simplement après le match. L'ancien international nigérian Daniel Amokachi l'a qualifié d'« ambassadeur du football », tandis que l'ancien Marocain Hassan Kachloul a souligné que Mané était « le seul joueur » à avoir pris cette responsabilité.
Élu sans contestation possible Meilleur Joueur du tournoi, il a offert au Sénégal bien plus qu'une étoile supplémentaire sur le maillot. Il a offert une leçon de dignité, de résilience et de leadership. Dans ce qui pourrait être sa dernière CAN, Sadio Mané n'a pas seulement remporté un titre ; il a cimenté sa légende, non seulement comme un géant du football sénégalais, mais comme une figure monumentale du sport africain. Sous la pluie de Rabat, c'est l'âme du Sénégal qui a brillé le plus fort.
Le Sénégal roi d'Afrique à Rabat : un triomphe forgé dans le chaos et porté par Mané




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