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Pertes post-récolte : le Sénégal mise sur le stockage frigorifique pour sauver ses récoltes

Pertes post-récolte : le Sénégal mise sur le stockage frigorifique pour sauver ses récoltes
Dakar, le 15 avril 2026 - Le ministre de l'Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l'Élevage, Mabouba Diagne, a tiré la sonnette d'alarme sur un enjeu crucial mais encore insuffisamment exploité au Sénégal : la réduction des pertes post-récolte. En visite à Diamniadio, le ministre a présenté ce défi comme une condition incontournable pour valoriser pleinement les performances agricoles enregistrées ces dernières années. Pour y parvenir, l'exécutif mise sur un vaste programme d'investissements privés dans les infrastructures de stockage frigorifique.

Le constat est sans appel. Malgré des résultats de production jugés satisfaisants – 250 000 tonnes de pommes de terre, 450 000 tonnes d'oignons, des volumes significatifs de cultures maraîchères – une part non négligeable de ces denrées continue d'être perdue chaque année, faute de solutions de conservation adaptées. Des pertes qui grèvent les revenus des producteurs et limitent l'efficacité des investissements publics consentis pour soutenir l'agriculture nationale.


Lagifroid Agro SARL, un modèle à suivre

Au cœur de la visite du ministre, l'entreprise Lagifroid Agro SARL s'est imposée comme un exemple à suivre. Entièrement financée sur fonds privés, elle a investi dans la construction de hangars frigorifiques d'une capacité de 10 000 tonnes, équipés de technologies modernes permettant une conservation optimale des produits agricoles.

Cette réalisation démontre la viabilité économique de ce type d'infrastructure et son potentiel structurant pour l'ensemble de la chaîne de valeur agricole. Pour Mabouba Diagne, cet investissement privé doit servir de référence et d'inspiration pour d'autres opérateurs économiques nationaux.

Un projet d'extension est d'ailleurs déjà en perspective à Sindia, avec la mise en place d'une unité de fabrication de chambres froides d'une capacité de 1 000 tonnes, pour un investissement estimé à 300 millions de francs CFA.


Un appel aux investisseurs privés

Face à l'ampleur des besoins, le ministre a lancé un appel appuyé au secteur privé national. L'objectif est de mobiliser au moins une centaine d'investisseurs sénégalais, capables de développer chacun des capacités de stockage d'environ 1 000 tonnes.

Un objectif que les autorités jugent atteignable grâce à un modèle de financement mixte, reposant sur 30 % de fonds propres et 70 % de crédits bancaires. L'État, à travers le ministère de l'Agriculture, celui de l'Industrie et du Commerce, ainsi que le secteur bancaire, se dit prêt à accompagner ces investissements jugés stratégiques pour la souveraineté alimentaire du pays.

« L'exemple de Lagifroid Agro SARL démontre la viabilité économique de ces projets ainsi que leur fort potentiel structurant pour l'économie agricole », a souligné le ministre, invitant les opérateurs privés à saisir cette opportunité.


Un environnement propice à l'investissement

Pour encourager ces initiatives, les autorités entendent créer un environnement favorable à l'investissement. Sous l'impulsion du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko, des financements estimés entre 120 et 130 milliards de francs CFA ont été mobilisés au cours des deux dernières années pour soutenir les producteurs et renforcer la souveraineté alimentaire.

Ces ressources viennent compléter les dispositifs existants et témoignent de l'engagement des plus hautes autorités à faire de l'agriculture un pilier de la transformation économique du pays.


Un nouvel enjeu pour l'agriculture sénégalaise

Pour les autorités, le message est clair : la production est désormais maîtrisée, mais l'enjeu se situe désormais dans la capacité à conserver, transformer et valoriser les récoltes. La réduction drastique des pertes post-récolte constitue une priorité nationale, une urgence économique et agricole qui appelle une implication accrue des acteurs privés sénégalais.

L'ambition est de structurer durablement la chaîne de valeur agricole, de la production à la commercialisation, en passant par la conservation. Un défi qui, s'il est relevé, permettrait non seulement d'améliorer les revenus des producteurs, mais aussi de renforcer la sécurité alimentaire du pays et de réduire sa dépendance aux importations.


Les chiffres clés de la filière

La production agricole sénégalaise affiche des performances solides dans plusieurs filières stratégiques. La pomme de terre atteint 250 000 tonnes, tandis que l'oignon culmine à 450 000 tonnes. Les cultures maraîchères, quant à elles, contribuent également de manière significative à l'approvisionnement du marché intérieur.

Pourtant, une part trop importante de ces volumes est perdue chaque année, faute d'infrastructures de conservation adaptées. Un gaspillage que les autorités entendent combattre en développant des capacités de stockage frigorifique à grande échelle.


Le modèle de financement proposé

Pour encourager les investisseurs à se lancer, l'État propose un modèle financier équilibré. Chaque projet de stockage d'une capacité de 1 000 tonnes pourra être financé à hauteur de 30 % par des fonds propres et de 70 % par des crédits bancaires, avec l'accompagnement des pouvoirs publics et du secteur bancaire.

Un mécanisme qui vise à réduire les risques pour les investisseurs tout en garantissant la viabilité économique des projets. L'objectif est de créer un effet de levier, en mobilisant une centaine d'opérateurs prêts à investir dans ce secteur porteur.


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