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Total Return Swaps : Cheikh Diba détaille la stratégie de financement du Sénégal face à la presse

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    Le Patriote
  • il y a 1 jour
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Total Return Swaps : Cheikh Diba détaille la stratégie de financement du Sénégal face à la presse
Dakar, le 27 mars 2026 - Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a apporté des précisions importantes sur les opérations de Total Return Swaps (TRS) effectuées par le Sénégal dans le cadre du plan de financement de l'année 2025. Face à la presse, ce jeudi 26 mars 2026, le ministre est revenu sur ces mécanismes financiers qui ont suscité des interrogations, réaffirmant leur conformité avec les exigences de la loi de Finances et la stratégie globale de gestion de la dette publique.

Cette prise de parole intervient dans un contexte marqué par une attention accrue des marchés, des partenaires techniques et de l'opinion publique sur les modalités de financement de l'État. Après les récentes réactions aux articles de presse internationale évoquant des emprunts "en secret", le ministre a souhaité apporter un éclairage technique et pédagogique sur ces instruments financiers complexes.


Total Return Swaps : définition et objectifs

Les Total Return Swaps (TRS), ou "swaps de rendement global", sont des instruments financiers dérivés qui permettent de transférer le rendement total d'un actif de référence (obligation, action, indice) sans en transférer la propriété. Dans le contexte des finances publiques sénégalaises, ces opérations s'inscrivent dans une stratégie de diversification des sources de financement et d'optimisation des coûts.

Selon le ministre Cheikh Diba, ces opérations répondent à plusieurs objectifs :

  • La diversification des sources de financement, conformément à la Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT) adoptée par le gouvernement ;

  • L'élargissement de la base des investisseurs, en permettant à des acteurs internationaux de participer au financement de l'État via des mécanismes adaptés à leurs contraintes réglementaires ;

  • L'optimisation des coûts de financement, en tirant parti des conditions de marché et des avantages comparatifs offerts par ces instruments.


Un cadre juridique et budgétaire strict

Le ministre a tenu à rappeler que ces opérations sont menées dans le strict respect du cadre juridique et budgétaire sénégalais. Elles s'inscrivent dans les plafonds autorisés par les lois de finances et sont intégrées au plan de financement de l'État, régulièrement partagé avec les partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds monétaire international (FMI).

"Toutes ces opérations sont conduites conformément au calendrier du Trésor et dans le cadre des autorisations budgétaires votées par le Parlement", a souligné Cheikh Diba, répondant ainsi aux interrogations sur d'éventuels contournements des procédures de transparence.


Une pratique courante sur les marchés financiers

Le ministre a également rappelé que les Total Return Swaps constituent une pratique courante sur les marchés financiers internationaux, utilisée par de nombreux États souverains et grandes institutions financières. L'objectif n'est pas de dissimuler des opérations, mais de les structurer de manière à répondre aux besoins spécifiques des investisseurs institutionnels internationaux.

"Ce n'est pas une pratique opaque. C'est un mécanisme standard qui permet d'élargir la base des investisseurs et de renforcer la profondeur de notre marché", a-t-il expliqué.


Des échanges réguliers avec le FMI

Le ministre a tenu à souligner la transparence des échanges avec les partenaires techniques. Les opérations de TRS réalisées en 2025 ont été présentées au FMI dans le cadre des consultations régulières et des revues du programme économique et financier du Sénégal.

"Le FMI est informé de ces opérations. Il n'y a aucune zone d'ombre", a-t-il assuré, démentant ainsi les allégations d'opérations menées à l'insu des institutions financières internationales.


La stratégie de gestion de la dette comme boussole

Pour Cheikh Diba, l'ensemble de ces opérations s'inscrit dans une stratégie cohérente et assumée. La Stratégie de gestion de la dette à moyen terme (SDMT) du Sénégal prévoit explicitement une diversification des sources de financement, tant en monnaie locale qu'en devises, afin de réduire la dépendance à un seul type de créancier et d'optimiser les conditions de financement.

"Notre objectif est de disposer d'une structure de dette qui soit à la fois soutenable et résiliente. Cela passe par une diversification raisonnée et maîtrisée", a-t-il déclaré.


Des opérations sous contrôle

Le ministre a conclu son intervention en rappelant que toutes ces opérations sont sous le contrôle permanent de la direction du Trésor et de la Banque centrale des États de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Les risques sont identifiés, mesurés et encadrés dans le respect des normes prudentielles en vigueur.

"Le Sénégal honore ses engagements et continuera à le faire. La crédibilité de notre politique budgétaire est intacte", a-t-il martelé.

Cette mise au point du ministre des Finances vise à rassurer les marchés, les partenaires techniques et l'opinion publique sur la maîtrise de la gestion de la dette publique. Elle intervient alors que le gouvernement poursuit ses efforts pour stabiliser les finances publiques et restaurer la confiance après les révélations sur la dette cachée de 2024.


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