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Assemblée nationale : Ousmane Sonko face aux députés sur la dette et le FMI, Cheikh Diba rassure sur les négociations en cours

  • Photo du rédacteur: Elhadji Falilou Fall
    Elhadji Falilou Fall
  • 28 nov. 2025
  • 3 min de lecture
Assemblée nationale : Ousmane Sonko face aux députés sur la dette et le FMI, Cheikh Diba rassure sur les négociations en cours
Dakar, le 28 novembre 2025 – Le Premier ministre Ousmane Sonko s'est présenté ce vendredi matin devant les députés de la 15ᵉ législature pour une séance de questions d'actualité particulièrement scrutée, dans un hémicycle marqué par l'absence d'une partie de l'opposition qui a choisi de boycotter les débats.

Treize interpellations étaient inscrites à l'ordre du jour : onze émanant du groupe parlementaire Pastef et deux des non-inscrits. Dès l'ouverture des échanges, les élus ont mis en lumière la fragilité de la conjoncture financière nationale, soulignant les tensions persistantes sur les recettes fiscales, un déficit budgétaire alarmant et un climat économique qui nourrit les inquiétudes de l'opinion publique.

Les parlementaires ont réclamé une clarification accrue de la part du gouvernement, notamment sur le dossier épineux de la dette publique et l'avancement des négociations avec le Fonds monétaire international (FMI). « Le pays et l'exécutif sont-ils enfin alignés sur une stratégie d'endettement soutenable ? », a lancé un député, pointant du doigt les discussions qualifiées de « longues » et « sources d'incertitudes » par plusieurs groupes. Les impacts du plan de redressement économique et budgétaire ont également été au centre des préoccupations, avec des appels à une communication plus transparente pour apaiser les spéculations.


Réponse rassurante du ministre des Finances : un inventaire de la dette et une dérogation du FMI

Prenant la parole pour répondre aux interrogations relatives à son département, le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a tenu à dissiper les doutes et à réaffirmer la maîtrise du gouvernement sur la trajectoire financière. « Les discussions avec le FMI se passent très bien », a-t-il déclaré avec assurance, précisant que l'exécutif a transmis à l'institution de Bretton Woods une note exhaustive détaillant l'ensemble des réformes structurelles engagées depuis l'arrivée au pouvoir de la coalition Diomaye Président.

Le ministre a révélé qu'un inventaire complet de la dette publique a été réalisé, permettant d'actualiser les statistiques financières de l'État et de corriger les écarts hérités des gestions antérieures. « Nous avons désormais des chiffres exacts, et le FMI a accordé une dérogation qui nous permettra d'avancer dans un nouveau programme d'appui », a-t-il indiqué. Selon Cheikh Diba, ces échanges se déroulent dans « une atmosphère de confiance mutuelle », un signal encourageant pour la finalisation d'un accord qui pourrait débloquer des financements cruciaux face aux contraintes budgétaires actuelles.

Cette dérogation, obtenue après des semaines de négociations intenses à Dakar, témoigne des efforts du gouvernement pour démontrer sa capacité à réduire le déficit et à mobiliser des ressources endogènes, comme les 280 milliards FCFA d'économies budgétaires annoncés la veille par Ousmane Sonko lors d'une précédente séance.


Un contexte politique tendu : boycott de l'opposition et enjeux de transparence

Cette séance, convoquée conformément à l'article 104 du Règlement intérieur de l'Assemblée nationale, s'est tenue dans un climat politique chargé. L'opposition, notamment les groupes Takku Wallu Sénégal et certains non-inscrits, ont boycotté les travaux, dénonçant un manque de dialogue inclusif et des divergences persistantes sur la gestion de la dette « cachée » estimée à plusieurs milliards de dollars.

 Malgré cette absence, les échanges ont permis d'aborder des thèmes cruciaux comme l'alignement stratégique sur l'endettement, les réformes fiscales et les projections de croissance pour 2026.

Ousmane Sonko, qui n'a pas directement répondu sur le volet financier, a profité de l'occasion pour évoquer d'autres dossiers sensibles, tels que le rapport de l'Inspection générale d'État (IGE) sur le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et les avancées dans le Programme de Développement Agricole et de Commercialisation (PRODAC), promettant des révélations judiciaires imminentes.

Ces interventions soulignent la volonté du gouvernement de renforcer la transparence et la redevabilité, tout en naviguant entre contraintes économiques et pressions politiques internes.


Perspectives : vers un accord FMI et une stabilisation budgétaire ?

Au-delà des assurances ministérielles, cette séance met en exergue les défis persistants du Sénégal : un déficit budgétaire dépassant 5 % du PIB, des recettes fiscales impactées par la conjoncture mondiale et une dépendance aux financements extérieurs. L'accord espéré avec le FMI pourrait inclure un programme étalé sur trois ans, axé sur la restructuration de la dette et des réformes structurelles, mais conditionné à une poursuite des économies internes.

Les députés ont salué les avancées, tout en appelant à une communication accrue pour restaurer la confiance des citoyens et des marchés. Cette session, troisième du genre depuis la nomination de Sonko en avril 2024, renforce le rôle du Parlement comme vigie de l'action gouvernementale dans un contexte de transition économique délicate.


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