CAN MAROC 2025 : le Sénégal brandit la Loi 5 de l'IFAB pour faire annuler la décision de la CAF devant le TAS
- Le Patriote

- il y a 2 jours
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![Le 17 mars 2026, un séisme a secoué le football africain. Près de deux mois après la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc, le jury d'appel de la CAF a déclaré l'équipe sénégalaise forfait, offrant sur tapis vert le titre aux Lions de l'Atlas sur le score de 3-0 . Une décision qualifiée de "scandale mondial" par une partie de la presse internationale, qui a éclipsé jusqu'à l'actualité de la Ligue des champions européenne .
Au cœur de cette bataille juridique, un point précis du règlement pourrait jouer un rôle déterminant : la Loi 5 des Lois du jeu, édictée par l'International Football Association Board (IFAB).
Ce que dit la Loi 5 : l'irrévocabilité des décisions de l'arbitre
La Loi 5, qui régit l'autorité de l'arbitre, stipule clairement que les décisions de l'arbitre concernant les faits de jeu sont définitives. Le texte officiel de l'IFAB est sans ambiguïté : "Les décisions de l'arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives, y compris la validation d'un but et le résultat du match" .
En d'autres termes, dès que le coup de sifflet final retentit, le résultat validé sur le terrain ne peut, en principe, être contesté, même en cas d'erreur d'appréciation. Ce principe est fondamental : si chaque décision d'arbitre pouvait être rejugée devant une instance disciplinaire après le match, aucun tournoi ne pourrait se terminer dans des délais raisonnables .
La Loi 5 précise également les limites du pouvoir de révision : "L'arbitre ne peut pas changer une reprise du jeu après avoir réalisé qu'elle est incorrecte [...] si le jeu a repris ou s'il a lui-même signalé la fin de la première ou de la seconde période (y compris de la prolongation) et a quitté le terrain" .
L'argument sénégalais : un résultat acté sur le terrain
Dans le contexte de la finale Sénégal–Maroc, ce principe prend une importance capitale. Le Sénégal, vainqueur sur le terrain, pourrait faire valoir que la décision de la CAF contrevient à cette règle fondamentale, en remettant en cause un résultat officiellement acté par l'arbitre, qui a laissé le match aller à son terme après le retour des joueurs sénégalais sur la pelouse .
Pour les experts en droit sportif, il s'agit d'un argument structurant, capable de fragiliser la base même de la sanction administrative prononcée après coup. Comme le souligne un analyste, "le TAS ne change pas le score d'un match pour une erreur d'arbitrage classique. En revanche, il peut annuler une décision de la CAF si la procédure a été biaisée" .
La réponse de la CAF : le règlement de la CAN et le Code disciplinaire
Pour justifier sa décision, la CAF s'est appuyée sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN. L'article 82 stipule qu'une équipe qui "quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l'autorisation de l'arbitre sera considérée perdante et sera définitivement éliminée" . Les joueurs sénégalais avaient temporairement quitté la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc, avant de revenir sous l'impulsion de cadres comme Sadio Mané .
La CAF a considéré que ce comportement relevait du champ d'application de ces articles, justifiant la défaite par forfait et la disqualification .
Cependant, la FSF oppose un autre texte : le Code disciplinaire de la CAF. Dès son article 2, ce code précise qu'il "prévaut sur le règlement de toutes les compétitions organisées par la CAF" . Or, selon l'article 126 de ce code, le fait de quitter le terrain sans permission est généralement considéré comme une "infraction mineure" .
Surtout, ni le Code disciplinaire ni le règlement de la CAN ne précisent le cas où une équipe quitte la pelouse puis revient, et où le match reprend et va à son terme. "C'est notamment sur ce point-là que toute cette affaire pourrait se régler devant le TAS", analyse RMC Sport .
La procédure devant le TAS : un réexamen complet
La Fédération sénégalaise prépare un "pôle d'avocats" pour plaider sa cause à Lausanne . Devant le TAS, l'affaire sera jugée "de novo", ce qui signifie que l'instance reprendra l'affaire depuis le début, sans être liée par les conclusions précédentes de la CAF .
Si le TAS décide d'appliquer strictement la Loi 5 de l'IFAB et considère que le résultat sur le terrain est intangible une fois le match terminé, la décision de la CAF pourrait être annulée, relançant totalement le feuilleton autour de cette CAN 2025 déjà explosive. À l'inverse, si l'instance arbitrale considère que des circonstances exceptionnelles — liées au comportement des joueurs et à l'interruption du jeu — justifient une sanction postérieure, et que le Code disciplinaire prévoit effectivement la primauté de ses dispositions, la position de la CAF pourrait être confortée.
Au-delà du titre, un principe fondamental
Au-delà de ce dossier précis, l'affaire soulève une question plus large : jusqu'où les instances peuvent-elles intervenir après le coup de sifflet final sans remettre en cause la primauté de l'arbitre sur le terrain ?
Pour le Sénégal, l'enjeu dépasse désormais le simple titre continental. Comme le résume un observateur, "le droit ne suffit pas toujours à clore les débats. Une finale de CAN, dans l'imaginaire collectif, se gagne sur le terrain, dans l'intensité des 90 minutes, pas dans un communiqué publié des semaines plus tard" . Il s'agit de défendre un principe fondamental du football, celui de la souveraineté du terrain face à toute décision administrative ultérieure.
La presse sénégalaise, unanime dans sa colère, parle de "plus grand vol de l'histoire du football africain" et de "tentative de réécriture de l'Histoire" . Le TAS devra trancher entre deux interprétations juridiques et, ce faisant, écrira peut-être l'un des chapitres les plus marquants de l'histoire du football africain.](https://static.wixstatic.com/media/447dec_bca97906340c4ed598ab10766520f222~mv2.jpg/v1/fill/w_980,h_653,al_c,q_85,usm_0.66_1.00_0.01,enc_avif,quality_auto/447dec_bca97906340c4ed598ab10766520f222~mv2.jpg)
Le 17 mars 2026, un séisme a secoué le football africain. Près de deux mois après la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc, le jury d'appel de la CAF a déclaré l'équipe sénégalaise forfait, offrant sur tapis vert le titre aux Lions de l'Atlas sur le score de 3-0 . Une décision qualifiée de "scandale mondial" par une partie de la presse internationale, qui a éclipsé jusqu'à l'actualité de la Ligue des champions européenne .
Au cœur de cette bataille juridique, un point précis du règlement pourrait jouer un rôle déterminant : la Loi 5 des Lois du jeu, édictée par l'International Football Association Board (IFAB).
Ce que dit la Loi 5 : l'irrévocabilité des décisions de l'arbitre
La Loi 5, qui régit l'autorité de l'arbitre, stipule clairement que les décisions de l'arbitre concernant les faits de jeu sont définitives. Le texte officiel de l'IFAB est sans ambiguïté : "Les décisions de l'arbitre sur des faits en relation avec le jeu sont définitives, y compris la validation d'un but et le résultat du match" .
En d'autres termes, dès que le coup de sifflet final retentit, le résultat validé sur le terrain ne peut, en principe, être contesté, même en cas d'erreur d'appréciation. Ce principe est fondamental : si chaque décision d'arbitre pouvait être rejugée devant une instance disciplinaire après le match, aucun tournoi ne pourrait se terminer dans des délais raisonnables .
La Loi 5 précise également les limites du pouvoir de révision : "L'arbitre ne peut pas changer une reprise du jeu après avoir réalisé qu'elle est incorrecte [...] si le jeu a repris ou s'il a lui-même signalé la fin de la première ou de la seconde période (y compris de la prolongation) et a quitté le terrain" .
L'argument sénégalais : un résultat acté sur le terrain
Dans le contexte de la finale Sénégal–Maroc, ce principe prend une importance capitale. Le Sénégal, vainqueur sur le terrain, pourrait faire valoir que la décision de la CAF contrevient à cette règle fondamentale, en remettant en cause un résultat officiellement acté par l'arbitre, qui a laissé le match aller à son terme après le retour des joueurs sénégalais sur la pelouse .
Pour les experts en droit sportif, il s'agit d'un argument structurant, capable de fragiliser la base même de la sanction administrative prononcée après coup. Comme le souligne un analyste, "le TAS ne change pas le score d'un match pour une erreur d'arbitrage classique. En revanche, il peut annuler une décision de la CAF si la procédure a été biaisée" .
La réponse de la CAF : le règlement de la CAN et le Code disciplinaire
Pour justifier sa décision, la CAF s'est appuyée sur les articles 82 et 84 du règlement de la CAN. L'article 82 stipule qu'une équipe qui "quitte le terrain avant la fin réglementaire du match sans l'autorisation de l'arbitre sera considérée perdante et sera définitivement éliminée" . Les joueurs sénégalais avaient temporairement quitté la pelouse pour protester contre un penalty accordé au Maroc, avant de revenir sous l'impulsion de cadres comme Sadio Mané .
La CAF a considéré que ce comportement relevait du champ d'application de ces articles, justifiant la défaite par forfait et la disqualification .
Cependant, la FSF oppose un autre texte : le Code disciplinaire de la CAF. Dès son article 2, ce code précise qu'il "prévaut sur le règlement de toutes les compétitions organisées par la CAF" . Or, selon l'article 126 de ce code, le fait de quitter le terrain sans permission est généralement considéré comme une "infraction mineure" .
Surtout, ni le Code disciplinaire ni le règlement de la CAN ne précisent le cas où une équipe quitte la pelouse puis revient, et où le match reprend et va à son terme. "C'est notamment sur ce point-là que toute cette affaire pourrait se régler devant le TAS", analyse RMC Sport .
La procédure devant le TAS : un réexamen complet
La Fédération sénégalaise prépare un "pôle d'avocats" pour plaider sa cause à Lausanne . Devant le TAS, l'affaire sera jugée "de novo", ce qui signifie que l'instance reprendra l'affaire depuis le début, sans être liée par les conclusions précédentes de la CAF .
Si le TAS décide d'appliquer strictement la Loi 5 de l'IFAB et considère que le résultat sur le terrain est intangible une fois le match terminé, la décision de la CAF pourrait être annulée, relançant totalement le feuilleton autour de cette CAN 2025 déjà explosive. À l'inverse, si l'instance arbitrale considère que des circonstances exceptionnelles — liées au comportement des joueurs et à l'interruption du jeu — justifient une sanction postérieure, et que le Code disciplinaire prévoit effectivement la primauté de ses dispositions, la position de la CAF pourrait être confortée.
Au-delà du titre, un principe fondamental
Au-delà de ce dossier précis, l'affaire soulève une question plus large : jusqu'où les instances peuvent-elles intervenir après le coup de sifflet final sans remettre en cause la primauté de l'arbitre sur le terrain ?
Pour le Sénégal, l'enjeu dépasse désormais le simple titre continental. Comme le résume un observateur, "le droit ne suffit pas toujours à clore les débats. Une finale de CAN, dans l'imaginaire collectif, se gagne sur le terrain, dans l'intensité des 90 minutes, pas dans un communiqué publié des semaines plus tard" . Il s'agit de défendre un principe fondamental du football, celui de la souveraineté du terrain face à toute décision administrative ultérieure.
La presse sénégalaise, unanime dans sa colère, parle de "plus grand vol de l'histoire du football africain" et de "tentative de réécriture de l'Histoire" . Le TAS devra trancher entre deux interprétations juridiques et, ce faisant, écrira peut-être l'un des chapitres les plus marquants de l'histoire du football africain.
CAN MAROC 2025 : le Sénégal brandit la Loi 5 de l'IFAB pour faire annuler la décision de la CAF devant le TAS




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