top of page

Comptoir national de l’or : Le Sénégal et les Émirats arabes unis scellent un partenariat décisif pour la souveraineté minière

  • Photo du rédacteur: Le Patriote
    Le Patriote
  • 11 déc. 2025
  • 3 min de lecture
Comptoir national de l’or : Le Sénégal et les Émirats arabes unis scellent un partenariat décisif pour la souveraineté minière
Dakar, le 11 décembre 2025 – Ce mercredi 10 décembre, le Sénégal a franchi une étape historique dans la maîtrise de son or, ressource clé de son économie extractive. Un mémorandum d’entente a été signé avec les Émirats arabes unis pour la mise en place d’un Comptoir national de commercialisation de l’or, en présence du Premier ministre Ousmane Sonko et du ministre émirati du Commerce extérieur, Dr. Thani Bin Ahmed Al Zeyoudi.

Cette initiative, pilotée par le Directeur Général de la Société des Mines du Sénégal, Me Ngagne Demba Touré, s’inscrit dans les dix accords bilatéraux conclus lors de cette mission émiratie à Dakar, marquant un jalon décisif pour la transformation et l’endogénéisation du circuit commercial des métaux précieux.

Cette signature résonne comme un engagement ferme à rapatrier les flux financiers de l’or sénégalais, souvent exporté brut vers des centres de raffinage étrangers, et à maximiser les retombées locales. Avec une production aurifère estimée à 8 tonnes annuelles – représentant environ 145,5 milliards de FCFA en octobre 2025 selon l’ANSD – ce comptoir vise à structurer la filière, de l’extraction à la commercialisation, pour une valeur ajoutée nationale accrue.


Un levier pour l’endogénéisation : de l’or brut à la chaîne de valeur intégrée

Le Comptoir national de commercialisation de l’or, prévu pour un démarrage opérationnel en 2026, s’articule autour de trois piliers stratégiques : la traçabilité des flux, la création d’infrastructures de raffinage et de certification, et la sécurisation des partenariats commerciaux. Les Émirats, via des entités comme Ressources Investment, apportent leur expertise en hubs miniers mondiaux – Dubai étant déjà un centre majeur pour l’or africain – tout en s’engageant à un transfert de technologies et à des formations locales.

Cette structure institutionnelle permettra de :

  • Rapatrier les devises : Actuellement, une part significative des revenus de l’or s’évapore via des intermédiaires informels ou des exportations non transformées. Le comptoir centralisera les ventes, avec un objectif de 80 % de rapatriement des fonds d’ici 2027.

  • Développer l’amont et l’aval : Intégration de la Société des mines du Sénégal (SOMISEN) pour moderniser l’exploitation artisanale et semi-industrielle, tout en favorisant la joaillerie et l’industrie locale.

  • Assurer la transparence : Audits réguliers et certification éthique, alignés sur les normes internationales (Responsible Jewellery Council), pour attirer les investisseurs verts et éviter les flux illicites.

Ce mémorandum s’inscrit dans une vision plus large de souveraineté minière, complémentaire à la valorisation des mines de fer et à l’unité de production d’engrais NPK signée le même jour.

Il répond à un diagnostic clair : le secteur minier, pilier des exportations (21 % vers le Mali en octobre), doit passer d’une économie extractive brute à une industrie intégrée, créatrice d’emplois et de valeur.


Une gouvernance exemplaire au service de l’émergence

Cette signature illustre la bonne gouvernance impulsée par le gouvernement Faye-Sonko dans le secteur minier. Contrairement aux pratiques antérieures, marquées par des contrats opaques et des fuites de capitaux, ce partenariat bilatéral privilégie l’équité : les Émirats s’engagent à un partage équilibré des risques et des bénéfices, avec une clause de préférence nationale pour les sous-traitants sénégalais. Le ministre Bachir Diouf a qualifié cet accord de « rupture stratégique », soulignant qu’il « endogénéise le circuit commercial des métaux, pour que la richesse de nos sols profite d’abord à nos peuples ».

En marge de la cérémonie au Building administratif Mamadou Dia, le Président Bassirou Diomaye Faye a reçu la délégation émiratie pour un échange sur l’avenir des mines, confirmant l’alignement avec l’Agenda Sénégal 2050. Ce comptoir, financé en partie par un prêt concessionnel émirati de 50 milliards de FCFA, s’ajoute à un portefeuille de 10 MoU couvrant énergie, santé et agriculture, pour un impact économique projeté à 500 milliards de FCFA d’ici 2030.


Perspectives : un hub ouest-africain pour l’or responsable

À terme, ce comptoir positionnera Dakar comme un hub régional pour la commercialisation de l’or, attirant les producteurs voisins (Mali, Mauritanie) et favorisant une intégration CEDEAO. Il s’aligne sur les Objectifs de développement durable (ODD 8 et 9), en promouvant une extraction responsable et une diversification économique. Les défis – régulation de l’orpaillage artisanal et formation des acteurs – seront relevés via des programmes conjoints, avec un objectif de 12 tonnes produites annuellement d’ici 2028.

Ce partenariat avec les Émirats, pôle d’excellence en métaux précieux, n’est pas un simple accord commercial : c’est un acte fondateur pour une souveraineté minière sénégalaise, où la ressource devient un levier d’émergence inclusive.


Comptoir national de l’or : Le Sénégal et les Émirats arabes unis scellent un partenariat décisif pour la souveraineté minière



Commentaires


Les commentaires sur ce post ne sont plus acceptés. Contactez le propriétaire pour plus d'informations.
bottom of page