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« Dette cachée » : Les avocats de Macky Sall saisissent le FMI pour contester la méthodologie de l’évaluation à 7 milliards de dollars

  • Photo du rédacteur: Le Patriote
    Le Patriote
  • 26 nov. 2025
  • 3 min de lecture
Macky sall et son avocat Me Olivier sure à propos de la dette cachée
Dakar, le 26 novembre 2025 – L’ancien président sénégalais Macky Sall (2012-2024) intensifie sa contre-offensive juridique face aux accusations de « dette cachée » en saisissant officiellement le Fonds monétaire international (FMI)

Via son cabinet d’avocats français FTMS, il remet en cause la fiabilité des méthodes utilisées pour chiffrer cette dette non déclarée à 7 milliards de dollars (environ 4 200 milliards FCFA), comme révélé par la Cour des comptes sénégalaise et validé par le FMI. Cette démarche, révélée par RFI, intervient alors que le Sénégal négocie un nouveau programme avec l’institution de Bretton Woods, fragilisé par une crise budgétaire persistante.

Dans un courrier adressé au FMI, les avocats – dont Me Pierre-Olivier Sur – exigent la transmission de l’ensemble des documents et pièces justificatives ayant servi à cette évaluation. Ils questionnent explicitement si le chiffre repose sur un audit interne indépendant mené par le FMI ou s’il s’appuie exclusivement sur des données fournies par l’administration sénégalaise actuelle, sans vérification croisée de leur authenticité.

Me Sur dénonce par ailleurs des « erreurs de méthodologie » dans le rapport de la Cour des comptes, pointant notamment « l’absence de contrôle de la véracité des données » et une potentielle partialité dans l’interprétation des faits. Une rencontre avec un représentant du FMI est également sollicitée pour un examen approfondi du dossier.


Contexte d’une dette contestée et ses implications budgétaires

Macky Sall, actuellement en exil au Maroc, rejette catégoriquement toute dissimulation d’emprunts sous son mandat, arguant que tous les engagements financiers étaient traçables via la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et la Direction générale du Trésor. Selon ses défenseurs, cette « dette cachée » – accumulée entre 2019 et 2024 – résulterait davantage de divergences comptables que de malversations intentionnelles, et non d’une stratégie pour obtenir des conditions d’emprunt plus favorables, comme l’avait initialement suggéré le FMI.

Cette affaire éclate dans un climat économique tendu : le Sénégal affiche des arriérés de paiement dépassant 4 % de son PIB, une notation souveraine dégradée par les agences internationales (Moody’s et Fitch), et des eurobonds sous pression sur les marchés. Le FMI, qui avait suspendu un prêt de 1,8 milliard de dollars en mai 2024, exige désormais un audit exhaustif pour débloquer de nouveaux fonds. Les négociations, prolongées depuis plus de 17 jours à Dakar, butent sur la transparence budgétaire, avec des critiques du Premier ministre Ousmane Sonko accusant l’institution de « pression excessive » pour une restructuration de la dette.


Un feuilleton judiciaire qui met en lumière les failles de la gouvernance financière

Cette saisine marque un nouveau chapitre dans le bras de fer entre l’ancien régime et le gouvernement Faye-Sonko, où les accusations politiques se mêlent à des enjeux techniques. Le Secrétariat exécutif national de l’Alliance pour la République (APR, parti de Macky Sall) a réclamé la publication intégrale des rapports de l’Inspection générale des finances (IGF), de la Cour des comptes et du cabinet Mazars, pour une évaluation impartiale de l’endettement réel. Sur les réseaux sociaux, le débat s’enflamme, avec des posts relayant l’interpellation comme une « riposte nécessaire » contre des «allégations infondées».

Au-delà de la personne de Macky Sall, cette controverse souligne les défis structurels de la gestion de la dette en Afrique de l’Ouest : opacité des données, dépendance aux institutions internationales et risques de politisation des audits. Le FMI, sous pression, pourrait devoir clarifier sa position dans les semaines à venir, impactant potentiellement les perspectives de financement du Sénégal pour 2026.


« Dette cachée » : Les avocats de Macky Sall saisissent le FMI pour contester la méthodologie de l’évaluation à 7 milliards de dollars


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