Filière maïs : Signature des protocoles de commercialisation au Sénégal, un pas vers l'autosuffisance nationale
- Le Patriote

- 3 déc. 2025
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L’événement, qui s’est tenu à Dakar, a vu la participation active des représentants des organisations paysannes, des entreprises agro-industrielles et des institutions comme l’Agence de Régulation des Marchés (ARM). Il marque l’opérationnalisation d’un protocole d’accord validé en janvier 2025, visant à relier directement les producteurs aux acheteurs industriels via des contrats bilatéraux. Un comité de pilotage a été constitué sur place pour superviser la mise en œuvre, garantissant une gouvernance transparente et durable.
Un engagement collectif pour dynamiser la production et réduire les importations
Dr. Mabouba Diagne a salué cette synergie comme un « acte fondateur de confiance et de responsabilité » qui engage l’ensemble de la filière. « Cette initiative projette le Sénégal vers un modèle agricole plus souverain, plus structuré et plus ambitieux », a-t-il déclaré, soulignant la transition vers des systèmes productifs durables, créateurs d’emplois et résilients au changement climatique. Le ministre a insisté sur la nécessité d’une meilleure maîtrise de l’eau, d’une mécanisation accrue et d’une production sur 12 mois pour atteindre l’autosuffisance.
Dans un contexte économique critique, où le Sénégal a importé 15 000 tonnes de maïs en 2024 pour un coût estimé à 80 milliards FCFA, cette structuration pourrait conserver ces devises au pays. Ces fonds pourraient alors être réinvestis dans la création d’emplois ruraux et la réduction de la pauvreté. Pour y parvenir, le ministre a appelé à :
Accompagner les petits producteurs vers une culture continue ;
Moderniser l’agriculture via la formation et le financement ;
Assurer la transformation et la commercialisation locale.
Depuis 2023, la dynamique initiée a boosté les volumes commercialisés : de 1 500 tonnes en 2023 à 5 000 tonnes en 2024, et 25 000 tonnes en 2025. Les industriels se sont engagés à acheter 5 000 tonnes de maïs local à 225 000 FCFA la tonne, un prix incitatif pour les agriculteurs.
Le rôle pivot d’Enabel dans la construction d’une filière viable
Abou El Mahassine Fass-Fihri, représentant d’Enabel au Sénégal, a qualifié cette signature d’« étape majeure » après deux ans de travail collaboratif. « Les acteurs publics et privés ont démontré qu’il est possible de construire ensemble une dynamique commerciale viable autour du maïs local », a-t-il affirmé. Grâce à l’intermédiation d’Enabel, des volumes croissants ont été contractés, des mécanismes de confiance consolidés et une gouvernance renforcée.
Enabel réaffirme son engagement auprès du gouvernement sénégalais pour la mise en œuvre de la stratégie de souveraineté alimentaire. Le projet « Gunge Mbay » (qui signifie « semences de demain » en wolof) intègre cette initiative dans une approche plus large de développement rural inclusif, financé par la Team Europe et le programme Global Gateway de l’Union européenne.
Le ministre a également remercié l’ARM, dirigée par Babacar Sembène, pour son rôle en matière de coordination et de régulation. Avec un budget record de 130 milliards FCFA alloué à l’agriculture, cette filière maïs s’inscrit dans le Programme stratégique de souveraineté alimentaire (PSSA), priorisant l’agriculture familiale et l’industrialisation locale.
Perspectives : vers une exportation et une autosuffisance accrue
Ce protocole ouvre la voie à une production nationale couvrant d’abord la demande intérieure (estimée à 200 000 tonnes annuelles pour la provende animale et l’alimentation humaine), avant de viser les marchés d’exportation en Afrique de l’Ouest. Il s’aligne sur les objectifs de l’Agenda 2050, où le maïs est vu comme un pilier de la diversification agricole.
Cette avancée illustre la volonté du gouvernement de rompre avec les importations massives et de bâtir une économie agricole résiliente, créatrice de valeur pour les zones rurales.
Filière maïs : Signature des protocoles de commercialisation au Sénégal, un pas vers l'autosuffisance nationale



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