Sur la demande d’extradition de Madiambal Diagne, la Cour d’appel de Versailles ordonne un sursis et réclame des précisions au Sénégal
- Le Patriote

- 25 nov. 2025
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Selon Me Ousmane Thiam, l’un de ses avocats, cette décision suspend provisoirement l’exécution de la demande formulée par les autorités sénégalaises, qui disposent désormais d’un délai de deux mois pour fournir des éléments complémentaires sur la régularité du mandat d’arrêt international et la qualification pénale des faits reprochés.
Madiambal Diagne, PDG du Groupe Avenir Communication et ancien greffier en chef radié pour des irrégularités présumées, fait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par le Sénégal depuis octobre 2025. Arrêté le 21 octobre au Pecq (Yvelines), il avait été placé sous contrôle judiciaire en attendant l’examen de sa situation. L’affaire, qui porte sur des soupçons de rétrocommissions impliquant environ 21 milliards de francs CFA dans des contrats avec la société Ellipse Projects, a été renvoyée au 3 février 2026 pour une audience de délibéré finale.
Des irrégularités procédurales soulignées par la défense
La défense de Madiambal Diagne, représentée notamment par Me Ousmane Thiam et Me Vincent Brengarth, a vigoureusement contesté la validité de la procédure d’extradition. Parmi les griefs avancés figurent l’absence de précisions sur les faits exacts reprochés – notamment leur qualification juridique, les textes légaux applicables et la période concernée –, ainsi que des doutes sur le circuit de transmission du mandat d’arrêt international. La chambre d’instruction a fait droit à ces arguments en exigeant des justificatifs détaillés de la part de l’État du Sénégal, conformément aux exigences du droit international et des conventions bilatérales franco-sénégalaises.
Cette mesure, qualifiée de « leçon de justice » par Madiambal Diagne lui-même sur les réseaux sociaux, vise à garantir un procès équitable et à écarter tout risque de partialité ou de persécution politique, invoqué par la défense en raison des liens présumés du prévenu avec l’ancien régime de Macky Sall.
Contexte et implications pour les relations bilatérales
L’enquête au Sénégal découle d’un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), pointant des transactions suspectes entre une société civile immobilière liée à Madiambal Diagne et Ellipse Projects, spécialisée dans la construction d’infrastructures hospitalières en Afrique. Le prévenu, qui s’est exilé en France via la Gambie, dénonce un « ciblage personnel » et des motivations politiques, soulignant que sur 49 entreprises impliquées dans ces contrats, seule la sienne est visée.
Ce renvoi offre un répit à Madiambal Diagne, maintenu sous contrôle judiciaire avec des obligations restrictives (interdiction de sortie du territoire, pointage régulier). Il met également en lumière les exigences rigoristes de la justice française en matière d’extradition, particulièrement sensibles aux droits de la défense et à l’indépendance judiciaire. Les autorités sénégalaises, contactées, n’ont pas encore réagi officiellement, mais ce délai de deux mois pourrait influencer les négociations diplomatiques entre Dakar et Paris.
Sur la demande d’extradition de Madiambal Diagne, la Cour d’appel de Versailles ordonne un sursis et réclame des précisions au Sénégal




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