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Un accord stratégique avec les exportateurs vise à sauver la campagne arachidière 2025-2026

  • Photo du rédacteur: Le Patriote
    Le Patriote
  • 13 janv.
  • 3 min de lecture
Un accord stratégique avec les exportateurs vise à sauver la campagne arachidière 2025-2026
DAKAR, 13 janvier 2026 — Pour désamorcer une crise de commercialisation qui menaçait les revenus de centaines de milliers d'agriculteurs, l'État du Sénégal a conclu un accord majeur avec les exportateurs privés de la filière arachide.

Cet engagement, négocié avec la Confédération des opérateurs de la filière arachidière (Copega), vise à écouler massivement la récolte record de cette année tout en garantissant un prix minimum aux producteurs, une mesure présentée comme un tournant pour apaiser le marché.

L'accord intervient dans un contexte de tensions sur le terrain, marqué par des points de collecte paralysés et des difficultés de paiement, alors que la production est estimée à un niveau historique de 969 000 tonnes. En autorisant et en encadrant les exportations, les autorités cherchent à injecter des liquidités dans le circuit et à soulager la pression sur les dispositifs publics de collecte.


Les termes clés de l'accord État-Copega

Le cœur de l'accord repose sur un engagement chiffré des exportateurs. La Copega s'est formellement engagée à acheter et à exporter entre 300 000 et 450 000 tonnes de graines d'arachide.

Pour les producteurs, la garantie essentielle réside dans le prix plancher fixé à 305 francs CFA le kilogramme. Les exportateurs membres de la Copega devront strictement respecter ce prix, sous peine des sanctions prévues par la loi. En contrepartie de cet engagement de volume et de prix, le gouvernement a concédé la suppression de la taxe à l'exportation de 40 francs CFA par kilogramme qui pesait précédemment sur les ventes à l'étranger.

Cet allégement fiscal est conditionné au strict respect des règles, notamment le rapatriement des devises et la fourniture de toutes les preuves d'exportation, afin de préserver les intérêts économiques nationaux.


Une stratégie à deux volets pour sécuriser la filière

Cet accord avec les exportateurs privés s'inscrit dans une stratégie gouvernementale plus large, articulée autour d'un double pilier : renforcer l'acteur public et réguler le marché privé.

D'un côté, l'État a considérablement revu à la hausse les ambitions de la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (Sonacos). Sur instruction du Premier ministre Ousmane Sonko, son objectif d'achat a été plus que doublé, passant de 250 000 à 450 000 tonnes. Pour financer cette ambition, une enveloppe de 50 milliards de francs CFA a été mobilisée auprès de banques publiques, et des besoins de financement quotidiens estimés entre 1 et 1,3 milliard sont comblés par plusieurs lignes de crédit.

De l'autre côté, le gouvernement entend mettre fin aux circuits parallèles de commercialisation qui tirent les prix vers le bas. La subvention aux industriels et la suspension de la taxe à l'exportation sont désormais conditionnées à un approvisionnement exclusif auprès des points de collecte agréés, au prix plancher officiel.


Un retour aux fondamentaux de la régulation

Cette nouvelle approche marque un rééquilibrage dans la gestion des exportations, un secteur historiquement très régulé. En 2010, un décret avait libéralisé les exportations pour permettre aux producteurs d'écouler leurs excédents. Cependant, cette ouverture sans cadre strict a parfois conduit à des pénuries pour les huileries locales et le stock de semences.

L'accord actuel avec la Copega vise précisément à encadrer les exportations plutôt que de les interdire ou de les laisser totalement libres. L'objectif est triple : sécuriser les semences pour la prochaine campagne, garantir l'approvisionnement de l'industrie de transformation nationale, et instaurer une gestion rigoureuse des flux grâce à la traçabilité des opérations. Le ministre de l'Agriculture, Mabouba Diagne, a réaffirmé cette logique : la priorité est d'abord de constituer les stocks de semences (70 000 tonnes) et d'approvisionner l'industrie locale (environ 250 000 tonnes), avant d'ouvrir officiellement les vannes à l'export.


Perspectives et défis

Les premières données de collecte montrent une progression : au 11 janvier 2026, la Sonacos avait réceptionné 97 000 tonnes, soit 20 000 tonnes de plus qu'à la même date l'année précédente.

Cet accord a été salué par la Copega, qui assure disposer de promesses d'achat supérieures à la production nationale et rappelle que ses membres achètent depuis des années au prix plancher ou au-dessus. Cependant, des voix critiques, comme celle du parti d'opposition la Renaissance républicaine, dénoncent une situation de « paralysie quasi totale » sur le terrain et estiment que l'annonce du prix plancher est une « illusion administrative » sans les moyens financiers pour l'appliquer. Ils appellent à des politiques d'exportation plus stables et prévisibles.

En mobilisant à la fois les canaux publics et privés, les autorités espèrent désengorger les points de collecte, soutenir les revenus des paysans et garantir le succès d'une campagne arachidière qui reste un pilier stratégique de l'économie agricole sénégalaise. La mise en œuvre effective de cet accord, et notamment le respect strict du prix plancher sur tout le territoire, sera déterminante pour son succès.


Un accord stratégique avec les exportateurs vise à sauver la campagne arachidière 2025-2026

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